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Nov. 08 22

Version imprimable Une révolution dans les transports est-elle en cours ?


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Nous savons tous qu'une partie importante des émissions de CO2 actuelles viennent des transports, que ces émissions auront des conséquences catastrophiques si nous n'en réduisons pas très fortement le volume, augmentant de façon peut-être insoutenable le réchauffement global du climat (je note bien : global, car des refroidissements locaux, ou temporaires, sont possibles tel celui que nous connaissons cette année sous l'influence de " La Niña ").

Or les prévisions actuelles sur ces émissions n'ont rien pour rassurer : si nous continuons sur cette voie nous sommes " cuits " !

C'est ce que nous apprend le dernier rapport de l'AIE (Agence Internationale de l'Energie) : le " World Energy Outlook (WEO) 2008 " a été récemment publié, vous en trouverez le résumé de presse (en anglais) ici

Ces donnée ont été publiées accompagnées d'un excellent commentaire en français : " Energies et climat : les tendances actuelles sont insoutenables, avertit l’AIE "

Petit extrait : " Tendances insoutenables

« Les tendances actuelles dans l’approvisionnement et la consommation d’énergie sont manifestement non soutenables - écologiquement, économiquement et socialement. Elles peuvent et doivent être modifiées », a déclaré Nobuo Tanaka. « La hausse des importations de pétrole et de gaz dans les régions de l’OCDE et les pays en développement d’Asie, avec la concentration croissante de la production dans un petit nombre de pays, accroît le risque de ruptures d’approvisionnement et de forte hausse des prix. Dans le même temps, les émissions de gaz à effet seraient inexorablement accrues, mettant le monde sur les rails d’une augmentation de la température mondiale pouvant aller jusqu’à 6 ° C. »
" .

Cela signifie clairement que nous devons réaliser de efforts extrêmement importants pour éviter une évolution catastrophique du climat, qui pourrait avoir des effets très proches.

Une croissance insoutenable de la demande...


Car l'on pensait en 2004 que l'Arctique serait dépourvu de glaces estivales vers 2050 : les scientifiques semblent s'accorder maintenant pour rapprocher cette date à... 2015 !

Nous avons " gagné " 35 ans en une poignée d'année...

Qu'on se le dise, un réchauffement trop important ne sera pas qu'une affaire de thermomètre : ses impacts économiques et sociaux pourraient réduire la crise de 1929 à un toussotement...

L'un des secteurs sur lequel nous devons agir est celui des transports, et il semble décidé à s'organiser à l'échelle européenne avec " CARS 21 " qui, disons-le clairement, est un lobby de constructeurs et d'actionnaires.

Alors que l'ADEME nous apprend : " La moyenne des émissions de CO2 des véhicules exposés étiquetés est de 174 gCO2/km, ce qui est largement supérieur à l’objectif des 140 gCO2/km signé lors des accords volontaires des constructeurs. " (" Mondial 2008: la moitié des modèles soumis au malus "). , " CARS 21 " a publié un rapport (" CARS 21 Mid-Term Review High Level Conference - Conclusions and Report ") dans lequel on peut lire " Stakeholders expect that the internal combustion engine will remain the primary power-train in 2020 perspective. ".

En français : " Les acteurs de la filière espèrent que le moteur à combustion interne restera la principale solution propulsive en 2020. " .

Le texte continue ainsi : " En parallèle les technologies hybrides (vues comme prometteuses dans la perspective d'un cheminement soutenable vers une électrification croissante), l'utilisation accrue des agrocarburants (vus comme un complément utile aux carburants conventionnels à condition qu'ils répondent à des règles de production durable et qu'ils soient techniquement compatibles) tout comme le Gaz Naturel Comprimé et le Gaz de Pétrole Liquéfié joueront un rôle d'importance croissante. A moyen et long terme les investisseurs admettent que les véhicule électriques (incluant le hybrides et apparentés) et les véhicules à l'hydrogène sont actuellement les options les plus prometteuses.
" .

Autrement dit ces " acteurs de la filière ", " nos " constructeurs automobiles, ne semblent avoir aucune envie de consentir des efforts démesurés afin que nous puissions réduire vite et de façon très nette nos émissions de gaz à effet de serre.

C'est d'ailleurs ce que nous ont montré les dernières négociations européennes sur les normes d'émission, bien trop peu contraignantes au regard de l'urgence climatique.

Ne jetons cependant pas tous les acteurs du marché automobile dans le même panier, certains se lancent dans de très intéressantes initiatives.

Ainsi Microcar proposera la M.GO electric au 2ème trimestre 2009 pour un prix public compris entre 17 000 et 20 000 euros TTC : autonomie comprise entre 80 km et 140 km, 2 ou 4 places, vitesse maxi 75 km/h...

Eco & Mobilité commercialise divers véhicules électriques dont la " La Simply-city " : 3 à 4 places, 90 km/h, autonomie de 80 à 150 km selon le type de batteries.

Un petit véhicule électrique français


De la même entreprise la " Next-ère " répond à des caractéristiques voisines pour 1 à 2 places : des véhicules conçus avec des matériaux recyclés ou recyclables et fabriqués avec un nombre de pièces limité.

Il existe bien d'autres initiatives, issues d'acteurs variés qui seront peut-être nos " grands constructeurs de demain " (voir une compilation d'articles sur ce thème), et si l'on considère l'urgence climatique ces nouveaux intervenants méritent probablement d'être soutenus.

Et n'oublions pas que la Chine est dans la compétition : " Byd mise sur le succes des voitures electriques ".

Le soutien de chacun, c'est précisément ce que demande " Planet Better Place " pour que se développe massivement le véhicule électrique et une autre conception de l'utilisation de l'électricité.

Car le projet " Better Place ", développé en collaboration avec Renault-Nissan, soulignons-le, n'est pas seulement celui d'un véhicule électrique comme on l'envisage habituellement et il répond à 2 préoccupations particulières : pouvoir bénéficier d'une autonomie de déplacement supérieure à ce qu'offre habituellement une charge de batterie et participer à une gestion globale de l'électricité.

On envisage communément la voiture électrique comme un ensemble solidaire batteries – véhicule qui impose l'immobilité de l'ensemble lors de la charge des accumulateurs.

Dans le véhicule " Better Place " les batteries sont amovibles : lorsqu'elles n'offrent plus assez d'énergie on les change pour des batteries chargées et en moins de temps qu'il n'en faut pour faire un plein à la plus proche des stations service, puis on repart.

De plus la multiplication de tels véhicules permet d'envisager que les batteries n'auront pas comme unique rôle celui de faire rouler les voitures : il y aura d'une part un nombre de batteries nettement plus important que celui des véhicules, d'autre part ces derniers ne rouleront pas tous en même temps (il y aura ce que l'on appelle un " foisonnement ").


Dès lors, connectées au réseau électrique, les batterie pourront devenir un lieu de stockage de l'électricité à la disposition de l'ensemble de ce réseau.

Par ailleurs la gestion informatisée et prévisionnelle des cycles de production / consommation de l'électricité, tel le Cecre espagnol spécialement développé pour une bonne prise en compte de la production souvent intermittente des sources d'électricité éoliennes et solaires, permettrait d'optimiser à la fois la production et le stockage.

Ainsi en Israel, où " Better Place " sera bientôt opérationnel, on prévoit de stocker les excédents de la production d'énergie solaire (en développement) dans les batteries de ces véhicules qui pourront en restituer une partie au réseau selon les besoins.

Il en sera de même au Danemark pour ce qui est de l'énergie éolienne, et un plan important de développement centré sur " Better Place " vient d'être lancé en Californie : une vaste région devrait être équipée des infrastructures nécessaires pour que chacun puisse se déplacer d'une de ses extrémité à l'autre sans avoir à se soucier de recharger ses batteries.

Tandis que les lobbies de constructeurs " traditionnels " se crispent sur leur " bon vieux " moteur à explosion nous constatons que d'autres solutions, qui nous éviteront l'émission massive d'un CO2 (et de particules nocives de toutes sortes) déjà trop omniprésent dans la biosphère, émergent avec plus ou moins de vigueur.

Si nous raisonnons en termes de parts de marché il serait inquiétant que les constructeurs européens déjà affaiblis par la crise financière actuelle demeurent sur des positions que l'on pourrait estimer demain comme archaïques.

Si nous raisonnons en personnes inquiètes de voir se réaliser les tendances annoncées par l'AIE pour ce qui concerne les consommations d'hydrocarbures dans les années à venir, grande peut être la tentation de se mobiliser pour une initiative comme " Planet Better Place ".

Si nous raisonnons en termes de coûts, peut-être deviendra-t-il plus économique pour un certain nombre d'entre nous de s'acheter une " Microcar " ou un de ces petits véhicules que fabrique " Eco & Mobilité " pour des trajets quotidiens pour lesquels nous ne disposons pas de transports en commun, quitte à louer de temps à autre une berline pour des déplacements plus longs, à envisager parfois le covoiturage...

En d'autres termes certaines cartes sont peut-être dans les mains de chacun pour qu'une révolution dans les transports se produise.


Oct. 08 04

Version imprimable Sortir du "tout bagnole", devenir hybride ou sursaturer les transports en commun ?


A l'occasion de la " Semaine de la mobilité " le WWF nous rappelait récemment que " ...le coût du transport équivaut maintenant à celui du logement pour la majeure partie des Francilliens de la Grande Couronne. Pesant fortement sur le pouvoir d’achat, les transports sont dans le même temps responsables de près de 30 % des émissions totales de CO2 en Europe. " 

Laissons donc notre véhicule au placard et adoptons les transports en commun !

 

Mais ce n'est pas si simple...

 

J'ai récemment expérimenté les transports en commun à La Rochelle : alors qu'il me faut 20 minutes pour me rendre à mon travail avec mon véhicule le trajet en bus, avec un changement, me prend une heure.

 

Cela me fait donc perdre une heure et 20 minutes par jour, outre le fait que je ne peux écouter 2 émissions qui me sont chères et m'apportent beaucoup : la fin de la matinale (jusqu'à 9 heures) et les informations de 18 heures de France Culture.

 

Et bien d'autres que moi ont constaté qu'il n'est ni simple, dans bien des cas, ni très agréable parfois, ni même possible souvent de renoncer à son véhicule personnel.

 

Cette première expérience des transports rochelais a commencé par un épisode assez déconcertant : trouver les horaires des bus et correspondances sur Internet est un véritable challenge, surtout si l'on ne connaît pas le nom de chaque arrêt, et ceux qui ont tenté l'expérience comprendront !

 

Puis se retrouver le soit Place de Verdun à La Rochelle, en sachant que l'on dispose de quelques minutes pour monter dans sa correspondance, et chercher à quel endroit elle peut bien stationner, car il n'existe aucune signalisation correcte pour orienter le voyageur néophyte, se conclut par plus d'une heure de piétinement dans l'attente du bus qui conduit vers la périphérie que l'on souhaite atteindre au plus vite... : on constate dans un tel cas que le fait d'être correctement informé ou non a un coût !

 

Heureusement ces transports existent ici ou là, pour le quotidien ou pour dépanner, quand il n'a pas été possible de trouver dans l'urgence une solution par le covoiturage.

 

Il ne sont toutefois pas à la disposition de tous : une périphérie un peu plus éloignée, ou la campagne proche, est moins bien ou pas du tout desservie.

 

Mais lorsque ces transports forment un réseau dense, comme en région parisienne, se pose la question de leur saturation : " Les transports en commun victimes de leur succès ".

 

L'Union des transports publics (UTP), qui fédère 170 opérateurs, notamment en zone urbaine, fait état d'une augmentation du nombre de passagers supérieure à 6 % sur les quatre premiers mois de l'année. ... Avec le risque que cet accroissement de la demande se traduise par une congestion des réseaux, faute de pouvoir réaliser les investissements nécessaires. Et que les exemples des lignes 13 du métro parisien ou du RER A, saturés, se multiplient. "

 

On constate que " sortir du tout bagnole " n'est pas si simple, alors acheter un cheval, une brouette, ou transformer son véhicule ?
 

La "Will" de Michelin - Heuliez
 

Certains l'on fait : " Comment transformer sa Renault 5 en voiture électrique ! ".

 

D'autre proposent des guides, manuels, pour qui voudrait se lancer et, en Californie notamment, le remplacement du moteur thermique par une propulsion électrique semble intéresser pas mal de bricoleurs : " The Truth About Electric Car Conversion Guides ! " (La vérité sur les manuels de conversion des automobiles à l'électricité).

 

C'est une façon de consommer moins, beaucoup moins (à propos : " La consommation des voitures sous-évaluée " ?) mais qui nécessite d'investir et de disposer d'un certain savoir faire.

 

En outre la législation française permet-elle une telle conversion ?

 

Notons que nous risquons de demeurer dans un bricolage dont le résultat sera probablement peu optimisé tant du point de vue de son rendement (autonomie, encombrement des batteries...) que de la sécurité qu'il pourra offrir.

 

Une solution plus sûre viendra-t-elle de ce centre de recherche qui travaille sur un système permettant de convertir, apparemment de façon aussi fiable que viable du point de vue économique, un véhicule à essence ou diesel en un hybride : "  Transformation des voitures essence en hybrides " ? 

 

Cela en attendant que nos voitures n'aient plus " rien sous le capot " comme nous le proposera Michelin avec sa " Will " : " La roue motorisée développée à Givisiez sera commercialisée dès l'année prochaine. Elle remplace le bloc moteur des voitures. ".
 

Roue moteur Michelin, photo Michelin


Mentionnons ce qui n'est pas négligeable : " ...un bilan écologique record: en tenant compte de l'origine de l'électricité disponible en France, elle émet 15 g de gaz carbonique par kilomètre... "

 

 

Nous aurons l'occasion de revenir sur les véhicules hybrides et électriques : il règne dans ce domaine une hyperactivité qui ne devrait pas s'essouffler de sitôt !